Secrétariat Général

Protéger les enfants et réunir les familles au-delà des frontières depuis 93 ans

Histoire

Le SSI est une organisation internationale non gouvernementale fondée en 1924, composée d’un réseau d’entités nationales qui soutiennent les enfants et les familles confrontés à des problèmes sociaux complexes liés à la migration. Dès sa fondation, le SSI s’est concentré sur le déploiement de son assistance dans des situations de migration et de rétablissement des liens familiaux. Depuis, le SSI s’est adapté à un monde qui change et à de nouveaux défis ainsi qu’à de nouveaux besoins.
Le SSI est un acteur omniprésent dans le domaine de la protection et du bien-être de l’enfant grâce à sa présence dans plus de 120 pays. A côté de son action directe en matière de traitement de cas , le SSI s’engage dans des projets de formation et de renforcement de capacité des travailleurs sociaux et des officiels des autorités gouvernementales.
Le plaidoyer, le développement des politiques et la recherche en faveur du respect des droits de l’enfant et son bien-être sont au cœur de ses préoccupations.
Depuis sa fondation, il y a 90 ans, Le SSI a ainsi soutenu des millions d’enfants et de familles de par le monde.

Le Service Social International a été créé en 1924 en réponse aux importants mouvements migratoires qu'a connus l'Europe de la fin du XIXème siècle. Après la Première Guerre Mondiale, le contexte européen extrêmement difficile a conduit des dizaines de milliers de déplacés à s'installer aux Etats-Unis. Cet état de fait a eu pour conséquence de voir se développer de nouvelles relations entre les continents, requérant un nouveau type de services sociaux. C'est dans ce contexte que fut fondé le SSI et que furent créées les premières branches dans les pays-clés, offrant information et assistance aux migrants. Le réseau SSI s'est ainsi constitué sur la base de ces premières unités qui, au fil des ans, ont développé une méthodologie de travail. La coopération entre elles s'est peu à peu consolidée, pour devenir particulièrement solide et efficace après la Deuxième Guerre Mondiale.


Dans la période d'après-guerre, le SSI a collaboré avec les agences onusiennes telles que l'Organisation Internationale pour les Réfugiés (ORI, prédécesseur du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés). Le SSI a fournit des formations au personnel de l'ORI et a travaillé dans les camps de réfugiés en Allemagne, en Autriche et en Italie, élaborant en particulier des enquêtes sociales relatives aux enfants non accompagnés et offrant ses services en matière de recherche des familles à l'étranger. Ces activités ne sont pas allées sans soulever bien des controverses : ainsi, si le rapatriement était encouragé par les pays d'origine et par les parents qui voulaient retrouver leurs enfants, les familles qui s'en étaient occupés pendant la durée du conflit voulaient aussi les garder auprès d'eux. Ce type de difficultés se retrouve dans le travail social quotidien du SSI qui est aujourd'hui en mesure d'offrir des enquêtes sociales circonstanciées aux instances judiciaires ou administratives qui en font la demande.


C'est après le second conflit mondial que le SSI a véritablement développé un réseau dépassant l'Europe et l'Amérique du Nord, devenant ainsi véritablement mondial, et permettant de répondre aux besoins des milliers d'enfants et de famille en difficultés suite aux migrations liées aux conflits ou à l'accès au marché du travail. En parallèle, le nombre de mariages mixtes a augmenté, de même que le nombre d'enfants nés hors mariage, de familles séparées et d'enfants non accompagnés. Les besoins nécessitant une assistance du SSI ont ainsi suivi la même évolution, en particulier dans les domaines relatifs à la définition de l'intérêt supérieur de l'enfant privé de famille, les questions de garde, de droit de visite et de pension alimentaire dans les contextes multiculturels et les divorces. Le SSI a également vu augmenter le nombre de requêtes liées au rétablissement des liens familiaux des enfants non accompagnés ainsi que celles d'enfants adoptés à la recherche de leurs origines.


Depuis les années 50, le SSI a entrepris plusieurs projets spécifiques. Par exemple, il a contribué au rapatriement d'enfants grecs obligés de quitter leur pays avec leurs familles après la guerre civile de 1942-1949. Dans les années 70, le SSI a fournit soutien psychologique, assistance légale et financière aux réfugiés fuyant les dictatures du Chili, de l'Argentine et de l'Uruguay. A la même époque, le SSI est venu en aide à 4000 réfugiés vietnamiens arrivés à Hong Kong à la fin de la guerre, en leur fournissant une aide pour s'installer, des cours de langue, des conseils en matière sociale, tout en essayant de réunir les familles séparées. L'organisation permet également à des mamans anglaises de maintenir des contacts avec les pères de leurs enfants vivant en Lybie, en organisant des rencontres sur place avec ces derniers.


L'expertise du SSI dans l'assistance aux familles et aux enfants faisant face à des difficultés liées aux migrations l'a également conduit à participer activement au développement des principes, normes et autres instruments internationaux fondamentaux dans ce domaine.
En 1957, le SSI faisait partie du groupe d'experts mis en place par l'ONU, ayant conduit à l'adoption des 12 principes fondamentaux devant gouverner l'adoption internationale, adoptés ensuite par les Nations Unies et allant devenir le premier instrument de référence en matière de textes légaux internationaux dans ce domaine.
En 1979, le SSI a par exemple participé à plusieurs réunions dans le cadre de l'élaboration de la Convention de La Haye de 1980 sur les aspects civils de l'enlèvement d'enfant. Plus récemment, il a contribué, avec le groupe des ONG, à la rédaction de la Convention de l'ONU sur les droits de l'enfant, ainsi qu'à celle de la Convention de La Haye de 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale.
L'implication du SSI dans le développement et la mise en œuvre de normes relatives à la famille et à la protection de l'enfant se poursuit encore aujourd'hui avec le même enthousiasme et la même détermination. Ainsi, après avoir co-rédigé les Lignes directrices des Nations Unies pour des conditions et un usage approprié des mesures alternatives pour les enfants, le SSI œuvre actuellement pour l'adoption de ce texte par l'Assemblée Générale des Nations Unies prévue en Décembre 2009.